Libérez-vous de la culpabilité existentielle

A l’origine de la culpabilité existentielle se trouve bon nombre de croyances problématiques.

Voici comment en sortir. Décodage :

La culpabilité est un mécanisme qui se met en place lorsqu’une faute a été commise, pour permettre à l’individu de prendre conscience de cette faute et éviter de la reproduire.

Eprouver de temps à autres ou selon certaines circonstances de la culpabilité n’est pas forcément handicapant. Elle le devient lorsque la culpabilité est démesurée.

Chez certains, elle s’étend à l’idée que tout est de sa faute, et que le fait même d’exister est une cause de souffrance pour l’autre. C’est une façon d’exister à travers la culpabilité.
Parfois, prendre sa place dans une famille dysfonctionnelle est compliqué… Si prendre sa place, accepter d’exister, est difficile selon certains contextes familiaux, alors la culpabilité devient une façon d’exister en s’accusant, de manière à pouvoir la réparer et se sentir utile. Cela donne un sens à la vie, même si cela implique de souffrir.

La personne a généralement une très faible estime de soi et ne sait pas qui elle est. Elle cherche la re-connaissance / reco-Naissance. S’accorder le moindre plaisir ou prendre soin de soi est alors quasi-impossible. Puisque tout est de sa faute, alors comment s’accorder du plaisir ? Or, le plaisir est le moteur de la vie.

Cela prend racine bien souvent dans l’enfance. Parfois, il se développe l’idée que pour faire plaisir au parent concerné, l’enfant doit se comporter d’une certaine manière.

Ex : « S’il te plait, fais-moi plaisir et sois gentil, veux-tu ? » ; « Tu me gènes, tu réalises que tu me fais souffrir en agissant ainsi ? » ; « ha, toi, quand tu es née, tu nous as bien perturbé ! »… Voilà quelques exemples de phrases génératives de complexes et culpabilité.

Certains parents, à leur insu, génèrent aussi des « doubles-contraintes » : quoi que vous fassiez ce n’est jamais correct.
Exemple : « Eloigne-toi et va jouer un peu plus loin, tu me gènes ! ». Plus tard, le parent dira : « tu ne vois pas que tu gènes ici ? Viens jouer avec moi ! » ; « Tu pourrais m’aider un peu ! ». En conséquence, pour faire plaisir et par obéissance, l’enfant aide. Puis le parent dira : « Regarde un peu ce que tu fais, tu fais n’importe quoi ! Je me demande pourquoi je t’ai demandé de m’aider… »
Quoi que l’enfant fasse, ce n’est ni bon, ni juste, ni correct… S’en suit une cascade d’émotions : tristesse, colère, culpabilité, rancoeur… etc.

Au fil du temps, se développe la croyance que tout est de la faute de l’enfant.
Pour être aimé, accepté par papa/maman, avoir de la reconnaissance, exister, être valorisé, développer de l’estime de soi, il va chercher à tout prix à satisfaire la demande des parents, en vain.
Pourquoi en vain ? Parce que dans son esprit ce ne sera jamais parfait, jamais assez beau, bien, bon, satisfaisant… Etc. Puisque l’individu a très peu d’estime de soi, voire pas du tout, il se croit nul, inférieur, bon à rien et cela le mènera à une insatisfaction perpétuelle qui peut le mener à vouloir tout contrôler ou à développer des angoisses, de la dépression, un burn-out, une culpabilité morbide…

Il va alors partir dans une quête impossible : faire absolument tout parfaitement, pour ainsi être satisfait, reconnu, estimé. C’est le perfectionniste.

Tout aussi pernicieux, l’individu va chercher l’approbation d’autrui, développer une personnalité de dépendance affective parfois grave où il cherchera la fusion, le soutien… sans vraiment les trouver car ils n’existent pas préalablement en lui. Il cherchera à travers l’autre la satisfaction de ses besoins alors que tout part de soi.

Cette personnalité voudra plaire, éviter les conflits à tout prix, satisfaire, être parfait, et confondra ETRE et FAIRE.
Ce sont pourtant deux choses très différentes. On peut ETRE sans avoir à se définir tout en étant capable. La croyance en l’incompétence est une illusion. Tout le monde est compétent et a des atouts maîtres. La reconnaissance de la différence est un atout à récupérer.

La personnalité aura tendance à excuser l’autre très facilement, comme pour s’excuser d’être et pour préserver l’amour. Pourquoi ne pas développer de l’amour pour soi et de la compassion et de la bienveillance pour soi ? C’est ce qui vous aidera à vous autonomiser.

Mais derrière la culpabilité se dissimule une croyance redoutable : le controle total et absolu sur soi, l’autre, les situations… Et un sentiment de toute puissance ; C’est cette toute puissance qui se cache derrière la culpabilité !

Exemple : « Si je l’avais empêché de sortir ce soir, rien de grave ne serait arrivé » ; « Si je m’étais occupée moi même de ce dossier, tout aurait été parfait, comme je veux et mon patron ne m’aurait pas incendiée.. » ; « Si je l’avais empêché de boire ce verre d’alcool, il n’aurait pas replongé ! J’aurais pu lui éviter d’avoir des ennuis ! ».

Si vous vous sentez concerné(e) par de telles réflexions, demandez-vous ceci : « Ai-je le pouvoir d’agir sur l’autre ? ; puis-je réellement changer l’autre ou le préserver, l’empêcher de souffrir ? En quoi est-ce que cela m’appartient ou ne m’appartient pas, et dans quelle mesure ?
En lâchant le controle et la croyance en ma toute puissance d’action, qui suis-je ? En lâchant un peu de lest, je trouve davantage de bien-être et de responsabilité envers moi même.. Qu’ai-je à prouver à tout prix ? Ce que je suis et QUI je suis n’est pas ce que je fais.  »

Est-ce que les comportements des autres vous appartiennent ? Qu’est-ce qui vous appartient réellement ? »

Réalisez que vous ne pouvez changer que ce qui est en vous. Le reste ne vous appartient pas.

Vous vous identifiez à un sauveur cherchant absolument à préserver, sauver l’autre. Tout le comble du sauveur est là : croyant pouvoir agir sur l’autre, malgré le libre arbitre de chacun, il se décourage, devient frustré de ne pas avoir « réussi » selon ses critères et la pression qu’il se met, il devient profondément aigri, développe de la colère, tristesse, découragement…. Bref, la culpabilité vous détruit à petit feu.

Plus vous réaliserez que vous n’êtes ni un sauveur, ni la victime, ni un persécuteur, vous accepterez une vérité toute autre : vous possédez le pouvoir de changer le regard que vous portez sur vous, les autres et la vie. Cessez de vouloir absolument tout controler, maitriser et gérer car c’est impossible. Acceptez de reconnaître que vous faites de votre mieux, que vous n’avez pas besoin de croire en la perfection, ni de satisfaire tout le monde, mais seulement satisfaire vos besoins en reconnaissant que vous avez le droit d’exister tel(le) que vous êtes, avec vos besoins, en vous aimant, vous acceptant et vous respectant tel que vous êtes en ce moment.

En sortant du circuit : sauveur tout puissant, victime et bourreau vous sortez de la culpabilité.

L’autre clé pour sortir de la culpabilité est de reconnaitre qu’en agissant en cohérence avec vous même, en adéquation avec vos valeurs et principes, vous êtes en accord avec vous même et vous devenez votre propre référent et référentiel.

En acceptant de reconnaitre votre propre valeur et estime de soi vous n’avez plus besoin de chercher l’amour ou la reconnaissance ou l’approbation d’autrui.

Aujourd’hui, reconnaissez votre valeur qui ne juge pas, ni ne s’estime selon des critères de comparaison.

Aujourd’hui, qu’avez vous besoin de vous autoriser ? De quelle autorisation/approbation avez-vous besoin ?

Qu’est-ce qui vous manque ?

Reconnaissez que vous avez toujours eu de la valeur et qu’elle ne peut se comparer, se réduire ou s’annuler, même si vous croyez le contraire pour le moment. A combien estimez-vous votre valeur ? La valeur de la vie a t-elle un prix ? Si oui selon vous, de combien ? Vous verrez qu’il est difficile d’estimer la valeur d’une personne, et encore moins si vous vous comparez à d’autres. Chacun a du mérite, de la valeur.

Quand vous voulez faire changer l’autre ou l’empêcher de souffrir, vous considérez alors que la souffrance est une faiblesse et qu’elle n’apprend rien ou ne sert à rien.. Pourtant, qu’avez-vous appris des fois où vous êtes tombé et vous êtes relevé ? Qu’avez-vous appris de vos « échecs » ?

Sentez-vous libre d’être qui vous êtes, tel(le) que vous  êtes, en cherchant votre propre approbation et reconnaissez votre valeur, votre place légitime et abandonnez toute culpabilité.